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Trois années après Le Livre noir de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), la confédération Force Ouvrière publie un nouveau cri d’alarme intitulé Il faut sauver le service public.

L’ouvrage brosse un tableau inquiétant, sur moins d’une centaine de pages, des conséquences des différents plans, réorganisations et réformes subis par les administrations ces dernières années. De la RGPP à la MAP (Modernisation de l’action publique) en passant par la Réate (1 et 2, la réforme de l’administration territoriale de l’État) ou la loi Hôpital, patients, santé et territoires et la réforme territoriale… ce sont 400 000 emplois publics qui ont été détruits entre 2007 et 2014. Quelles sont aujourd’hui les conséquences concrètes de ce plan social aussi gigantesque que silencieux ? Quels impacts sur les agents ? Que reste-t-il comme service aux usagers, devenus dans de trop nombreux cas des clients ?

Rédigé par Jean-Claude Mailly et Pascal Pavageau, en coopération avec des militants des fédérations et des UD, l’ouvrage regorge d’exemples concrets, parfois dramatiques, et de témoignages précis. Tous mettent en cause les politiques d’austérité et les économies à courte vue qui provoquent des dégâts considérables et accroissent les inégalités, qu’elles soient territoriales ou sociales.

Un inquiétant état des lieux des services publics en 2014

Plus de 250 exemples émaillent cet ouvrage. En dix ans, ce sont 13 % des capacités d’hospitalisation qui se sont évaporées en France, tandis que la population augmentait. Dans le Gers, en une quinzaine d’années, 72 postes de professeurs ont été supprimés alors que 600 élèves supplémentaires étaient recensés. Il pleut à l’intérieur de certains commissariats de police…

Mais d’autres services publics, parfois moins connus, subissent également ces restrictions depuis de trop nombreuses années : « Les agents perdent le sens du travail et sont inquiets pour leur avenir », déplore-t-on à Météo France, qui renonce aux prévisions de proximité ; 8 % des casernes de pompiers ont également disparu en six ans et les attaques contre l’inspection du travail rejoignent celles contre les contrôles sanitaires. Même les récents scandales alimentaires n’entravent pas les dynamiques dérégulatrices. Ainsi, « après l’autocontrôle par les industriels, une des solutions envisagées par les ministères consisterait à sous-traiter à des agences privées certaines missions jugées périphériques », dénonce l’ouvrage. Les dégustations de raviolis à la viande de cheval ont encore de beaux jours devant elles...

Le sous-titre du livre rappelle que « le service public de proximité est un fondement de la République ». Les 5,2 millions d’agents de la fonction publique qui seront appelés aux urnes le 4 décembre prochain pourront élire des représentants qui sauront rappeler leurs obligations républicaines aux pouvoirs publics.

IL FAUT SAUVER LES SERVICES PUBLIC
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